Qu'ont Émile Zola, Jules Verne, les ressources de l'Arctique et des peintures rupestres péruviennes en commun ?
J'enseigne cet hiver à des élèves qui ont choisi une voie spéciale du programme des sciences de la nature qui s'appelle Environnement, vie et santé. Le thème de la session, à laquelle tous les enseignants de ces élèves doivent faire référence, est «Les défis énergétiques». C'est fou comment il est facile, quand on s'y met, de trouver des liens à faire avec un tel thème.
L'enseignante de littérature choisit de faire lire aux élèves quelques oeuvres dont Sans dessus dessous de Jules Verne, écrit en 1889. Des artilleurs décident de se lancer dans la recherche folle de houille (du charbon) dans une zone polaire. Ça spécule fort et tous les moyens sont bons pour y arriver les premiers. L'histoire se répétera peut-être dans les prochaines décennies pour le pétrole ou les autres ressources de l'Arctique.
Une autre lecture intéressante, proposée par cette enseignante: Germinal, d'Émile Zola. Un roman qui traite des conditions qui régnaient à la fin des années 1880 dans les mines de charbon au nord de la France. J'en ai les deux tiers de lu et c'est époustouflant. Les descriptions sont formidables: la description de la misère des mineurs, leur lutte pour améliorer leur sort, et, j'imagine que ça viendra, le destin tragique de plusieurs d'entre eux.
Et là, dans l'édition du Devoir du 19 janvier, le journaliste Guy Taillefer présente un dossier pas drôle du tout sur le comportement des mines canadiennes un peu partout dans le monde. Des travailleurs aux conditions douteuses, des modes de vie perturbés, des sites archéologiques menacés (voir l'article sur l'art rupestre péruvien).
25 janvier 2008
29 novembre 2007
Petit mot sur les devoirs à la maison
Dans La Presse d'hier, Nathalie Collard se questionne sur la pertinence des devoirs au primaire. Elle n'est pas la première à le faire, ni la dernière (par exemple, voir surtout ici, et là. Tout a peut-être déjà été dit à ce sujet, mais le malaise reste toujours.
Je retiens d'abord ceci de son texte:
Le mot «inutile» va un peu loin. Dans mon cas, quand j'étais petite, les devoirs étaient l'occasion de montrer à mes parents ce que j'avais appris. Il y a certes d'autres façons d'informer les parents sur ce que font leurs enfants en classe, mais les devoirs en sont une, même si ça fait partie des responsabilités des parents de s'informer de que son enfant fait à l'école.
Nathalie Collard souligne également, avec justesse, qu'il y a d'autres façons d'apprendre à la maison, seul, avec les frères et soeurs, en famille ou entre amis (jeux, sorties au musée, en nature, à la bibliothèque, etc.)
Son dernier argument «anti-devoirs» me plaît aussi:
Ça serait génial si on savait que le temps libéré par le fait d'avoir moins de devoirs allait servir à bouger plus, cuisiner plus, lire plus... Mais je doute que ce soit le cas pour toutes les familles.
Je pourrai probablement en dire davantage quand mes enfants iront à l'école et qu'ils auront (c'est sûr à 100%) des devoirs.
Je retiens d'abord ceci de son texte:
Des recherches démontrent que l’enfant qui performe bien à l’école ne retirera pas grand-chose de la période de devoirs. Celui qui éprouve des difficultés, qui évolue dans un milieu défavorisé, ou dont les parents ne sont pas en mesure de l’aider risque pour sa part de ne pas faire ses devoirs ou alors de mal les faire. Dans les deux cas, l’exercice s’avère inutile.
Le mot «inutile» va un peu loin. Dans mon cas, quand j'étais petite, les devoirs étaient l'occasion de montrer à mes parents ce que j'avais appris. Il y a certes d'autres façons d'informer les parents sur ce que font leurs enfants en classe, mais les devoirs en sont une, même si ça fait partie des responsabilités des parents de s'informer de que son enfant fait à l'école.
Nathalie Collard souligne également, avec justesse, qu'il y a d'autres façons d'apprendre à la maison, seul, avec les frères et soeurs, en famille ou entre amis (jeux, sorties au musée, en nature, à la bibliothèque, etc.)
Son dernier argument «anti-devoirs» me plaît aussi:
La période des devoirs est également un obstacle supplémentaire pour les parents qui désirent aider leur famille à lutter contre la sédentarité. Ce temps passé assis à compléter des exercices pourrait être consacré à la pratique d’un sport, à une promenade, à une séance de natation ou de patin…
Ça serait génial si on savait que le temps libéré par le fait d'avoir moins de devoirs allait servir à bouger plus, cuisiner plus, lire plus... Mais je doute que ce soit le cas pour toutes les familles.
Je pourrai probablement en dire davantage quand mes enfants iront à l'école et qu'ils auront (c'est sûr à 100%) des devoirs.
20 novembre 2007
Choisir sa voie, malgré papa
Opération « Portes ouvertes » hier soir au Cégep de Sainte-Foy, où j'enseigne la physique depuis l'automne 2005. Pour plusieurs élèves qui termineront cette année leur secondaire, c'est l'occasion de choisir un cégep et un programme d'études. Décision facile pour la plupart, véritable casse-tête pour certains.
Je faisais partie de l'équipe d'enseignants qui accueillaient les futus collégiens et leurs parents pour répondre à leurs questions et bien sûr, vendre notre cégep et nos programmes. Voici quelques « cas » rencontrés hier, du plus simple au plus troublant. Mais dans chacun, on perçoit une crainte de se tromper, une peur de l'échec et l'angoisse devant la perspective de faire le « mauvais choix ».
J'ai une moyenne de 75% en secondaire V, vais-je réussir en Sciences de la nature?
Une réponse rassurante rend le papa tout heureux. Avec une bonne méthode de travail, de la motivation, et en utilisant les ressources d'aide dans le cégep, tout le monde peut réussir. C'est ce que je crois profondément.
Je sais que je veux être orthophoniste plus tard et c'est très contingenté. Quelle voie suivre pour avoir la meilleure cote R ?
Aie! Quelle pression sur les épaules d'une jeune fille de 16 ans... C'est parfois cruel, ces histoires de cote R (une cote Z améliorée). Tu tombes par hasard dans un groupe très fort, ça fait baisser ta cote R de 1 ou 2 dixièmes de points, et te voilà obligé de faire un détour pour arriver à tes fins professionnelles. Que répondre à ces filles (c'est souvent des filles) qui n'ont pas de plan B, sinon de leur faire la liste des services d'aide en gestion d'études, gestion du stress, aide pédagogique, etc. ?
Je ne suis pas certaine que je veuille faire mes Sciences de la nature, mais je ne veux pas me fermer de portes.
Sous-entendu: Mes parents sont ingénieurs et n'acceptent pas que j'aie envie d'aller en Sciences humaines avec maths.
C'est déplorable, mais tellement fréquent! Le papa qui accompagnait sa fille m'a discrètement demandé d'inciter sa fille à choisir les sciences, car sinon, « le retour en arrière, serait impossible », ce qui est faux, si on accepte de passer une ou deux sessions de plus au cégep. Il m'a ensuite dit: « On manque de jeunes de sciences, il faut les encourager davantage à faire des sciences. » Et après: « Je veux qu'elle se garde toutes les portes ouvertes. »
Je bouillais! C'est déjà assez difficile de choisir sa voie à 16 ans. Si en plus, il faut faire attention de plaire à son papa docteur en génie électrique et à sa maman qui est aussi ingénieure, c'est le comble!
Sur le coup, tout ce que j'ai su dire au papa, c'est que les Sciences de la nature ouvrent en effet bien des portes... à la condition d'aimer ça!
Ce que j'aurais dû lui dire, devant sa fille, c'est qu'il ne devait pas faire porter à sa fille bien aimée le fardeau de la désaffection des jeunes face aux sciences, un problème qui existe dans plusieurs pays occidentaux, il me semble.
Mais bon, hier soir, c'était une opération charme. Pas un atelier sur les aptitudes parentales pour motiver et donner confiance à leurs enfants. Ce papa aurait été mon premier client.
Je faisais partie de l'équipe d'enseignants qui accueillaient les futus collégiens et leurs parents pour répondre à leurs questions et bien sûr, vendre notre cégep et nos programmes. Voici quelques « cas » rencontrés hier, du plus simple au plus troublant. Mais dans chacun, on perçoit une crainte de se tromper, une peur de l'échec et l'angoisse devant la perspective de faire le « mauvais choix ».
J'ai une moyenne de 75% en secondaire V, vais-je réussir en Sciences de la nature?
Une réponse rassurante rend le papa tout heureux. Avec une bonne méthode de travail, de la motivation, et en utilisant les ressources d'aide dans le cégep, tout le monde peut réussir. C'est ce que je crois profondément.
Je sais que je veux être orthophoniste plus tard et c'est très contingenté. Quelle voie suivre pour avoir la meilleure cote R ?
Aie! Quelle pression sur les épaules d'une jeune fille de 16 ans... C'est parfois cruel, ces histoires de cote R (une cote Z améliorée). Tu tombes par hasard dans un groupe très fort, ça fait baisser ta cote R de 1 ou 2 dixièmes de points, et te voilà obligé de faire un détour pour arriver à tes fins professionnelles. Que répondre à ces filles (c'est souvent des filles) qui n'ont pas de plan B, sinon de leur faire la liste des services d'aide en gestion d'études, gestion du stress, aide pédagogique, etc. ?
Je ne suis pas certaine que je veuille faire mes Sciences de la nature, mais je ne veux pas me fermer de portes.
Sous-entendu: Mes parents sont ingénieurs et n'acceptent pas que j'aie envie d'aller en Sciences humaines avec maths.
C'est déplorable, mais tellement fréquent! Le papa qui accompagnait sa fille m'a discrètement demandé d'inciter sa fille à choisir les sciences, car sinon, « le retour en arrière, serait impossible », ce qui est faux, si on accepte de passer une ou deux sessions de plus au cégep. Il m'a ensuite dit: « On manque de jeunes de sciences, il faut les encourager davantage à faire des sciences. » Et après: « Je veux qu'elle se garde toutes les portes ouvertes. »
Je bouillais! C'est déjà assez difficile de choisir sa voie à 16 ans. Si en plus, il faut faire attention de plaire à son papa docteur en génie électrique et à sa maman qui est aussi ingénieure, c'est le comble!
Sur le coup, tout ce que j'ai su dire au papa, c'est que les Sciences de la nature ouvrent en effet bien des portes... à la condition d'aimer ça!
Ce que j'aurais dû lui dire, devant sa fille, c'est qu'il ne devait pas faire porter à sa fille bien aimée le fardeau de la désaffection des jeunes face aux sciences, un problème qui existe dans plusieurs pays occidentaux, il me semble.
Mais bon, hier soir, c'était une opération charme. Pas un atelier sur les aptitudes parentales pour motiver et donner confiance à leurs enfants. Ce papa aurait été mon premier client.
17 septembre 2007
Espace partagé: une autre ville se lance
Merci à Jean-Sé qui m'a envoyé cette bonne nouvelle : une petite ville allemande (13 000 habitants) éliminera sous peu tous les panneaux routiers ou marques sur la chaussée afin de devenir un immense espace partagé, concept dont j'ai déjà parlé ici.
Dès mercredi le 19 septembre, à Bohmte en Basse-Saxe, on s'affairera à supprimer les trottoirs et à remplacer l'asphalte par des chemins de pierres. Les voies cyclables et piétonnières ne seront différentes de la voie automobile que par la couleur.
Ce projet qui coûtera 2,35 millions d'euros a été rendu possible notamment grâce à l'appui de l'organisme Interreg, le Programme d’Initiative Communautaire de l’Union Européenne. On peut lire en page d'accueil du site que Interreg aide à créer des partenariats dans le but de «permettre aux régions impliquées de développer des solutions nouvelles pour relever les défis sociaux et environnementaux». Intéressant.
On en apprend plus ici au sujet de Interreg. Je ne crois pas que l'équivalent existe au Canada ou au Québec.
J'aimerais ça voir ça!
Dès mercredi le 19 septembre, à Bohmte en Basse-Saxe, on s'affairera à supprimer les trottoirs et à remplacer l'asphalte par des chemins de pierres. Les voies cyclables et piétonnières ne seront différentes de la voie automobile que par la couleur.
Ce projet qui coûtera 2,35 millions d'euros a été rendu possible notamment grâce à l'appui de l'organisme Interreg, le Programme d’Initiative Communautaire de l’Union Européenne. On peut lire en page d'accueil du site que Interreg aide à créer des partenariats dans le but de «permettre aux régions impliquées de développer des solutions nouvelles pour relever les défis sociaux et environnementaux». Intéressant.
On en apprend plus ici au sujet de Interreg. Je ne crois pas que l'équivalent existe au Canada ou au Québec.
J'aimerais ça voir ça!
23 juin 2007
La Chine et les GES
La Chine est maintenant le pays qui émet le plus de gaz à effet de serre (GES). Au total, entendons-nous. Car pour ce qui est des émissions per capita, la Chine est encore loin du compte par rapport aux pays industrialisés tels le Canada ou les États-Unis. Par exemple, selon le gouvernement chinois, les émissions représentent 3,65 tonnes par habitant chinois, alors que celles des Pays-Bas atteignent 11,4 tonnes. Au Canada, en 1999, elles étaient de 24 tonnes par habitant. Ouf...
Ce « rattrapage » de la Chine est venu beaucoup plus rapidement que prévu: l'an dernier, l'Agence Internationale de l'Énergie, avait annoncé que la Chine devancerait les États-Unis au chapitre des émissions de GES en 2009. En 2004, on croyait que cela se produirait en 2025!
Cette hausse vertigineuse des émissions chinoises est inquiétante, d'autant plus qu'on prévoit y construire encore plusieurs centaines de centrales au charbon dans les prochaines décennies. Comme chacune de ces centrales aura une durée de vie d'environ 50 ans, on voit mal comment la Chine pourrait entrevoir de réduire un jour ses émissions...
... surtout si l'on continue de faire de la Chine « l'usine du monde»! (Cette expression vient du porte-parole des Affaires étrangères de la Chine, Qin Gang, cité dans un entrefilet du Devoir de vendredi le 22 juin 2007). La Chine est devenue notre garde-robe, notre fabricant de meubles et de jouets, et même parfois notre garde-manger. Je ne sais même pas s'il est possible de mener une vie nord-américaine « normale» sans jamais rien acheter qui provienne de la Chine.
Comment peut-on condamner les fortes émissions de GES chinoises d'un côté et y transférer la production de milliers de biens de l'autre ? Le porte-parole chinois parle d'« hypocrisie » des riches Occidentaux. On peut être en désaccord avec la Chine sur plusieurs plans, mais je ne peux que me sentir visée par cette accusation. Même si, en soit, on ne réglera jamais rien en se renvoyant la balle ainsi. On n'en est plus à trouver à qui la faute, mais plutôt à quand les vraies solutions. Sauf que c'est vraiment nous, dont moi, Sophie, de Québec, qui sommes responsables en grande partie de la hausse vertigineuse des émissions de GES en Chine.
Note: aux futures centrales au charbon chinoises s'ajouteront des centaines d'autres qui seront construites aux États-Unis ou ailleurs dans les années à venir. Lire à ce sujet: Les faiseurs de pluie, The Weather Makers, en anglais, de Tim Flannery. Excellent pour tout comprendre des changements climatiques. Courts chapitres, texte bien vulgarisé.)
Ce « rattrapage » de la Chine est venu beaucoup plus rapidement que prévu: l'an dernier, l'Agence Internationale de l'Énergie, avait annoncé que la Chine devancerait les États-Unis au chapitre des émissions de GES en 2009. En 2004, on croyait que cela se produirait en 2025!
Cette hausse vertigineuse des émissions chinoises est inquiétante, d'autant plus qu'on prévoit y construire encore plusieurs centaines de centrales au charbon dans les prochaines décennies. Comme chacune de ces centrales aura une durée de vie d'environ 50 ans, on voit mal comment la Chine pourrait entrevoir de réduire un jour ses émissions...
... surtout si l'on continue de faire de la Chine « l'usine du monde»! (Cette expression vient du porte-parole des Affaires étrangères de la Chine, Qin Gang, cité dans un entrefilet du Devoir de vendredi le 22 juin 2007). La Chine est devenue notre garde-robe, notre fabricant de meubles et de jouets, et même parfois notre garde-manger. Je ne sais même pas s'il est possible de mener une vie nord-américaine « normale» sans jamais rien acheter qui provienne de la Chine.
Comment peut-on condamner les fortes émissions de GES chinoises d'un côté et y transférer la production de milliers de biens de l'autre ? Le porte-parole chinois parle d'« hypocrisie » des riches Occidentaux. On peut être en désaccord avec la Chine sur plusieurs plans, mais je ne peux que me sentir visée par cette accusation. Même si, en soit, on ne réglera jamais rien en se renvoyant la balle ainsi. On n'en est plus à trouver à qui la faute, mais plutôt à quand les vraies solutions. Sauf que c'est vraiment nous, dont moi, Sophie, de Québec, qui sommes responsables en grande partie de la hausse vertigineuse des émissions de GES en Chine.
Note: aux futures centrales au charbon chinoises s'ajouteront des centaines d'autres qui seront construites aux États-Unis ou ailleurs dans les années à venir. Lire à ce sujet: Les faiseurs de pluie, The Weather Makers, en anglais, de Tim Flannery. Excellent pour tout comprendre des changements climatiques. Courts chapitres, texte bien vulgarisé.)
24 mai 2007
Du fromage sur le barbecue!
Je n'ai malheureusement pas de photos, mais c'était bon! Du fromage Doré-Mi coupé en tranches épaisses, cuites comme telles sur les grilles, miam... C'est un fromage produit par la fromagerie La Maison Alexis de Portneuf (propriété de Saputo), une fromagerie qui nous étonne depuis quelques mois dans la famille.
Lorsque j'ai goûté au Doré-Mi pour la première fois, c'était lors d'une foire agroalimentaire à Québec, à la fin des années 90. Le fromage était alors produit par la fromagerie Cayer de Saint-Raymond-de-Portneuf, qui a changé de nom et d'image en 2005 pour devenir la Maison Alexis de Portneuf. Ce fromage a la propriété de ne pas d'étendre lorsqu'on le chauffe. Il garde sa forme. On peut dont le faire dorer à la poêle ou au barbecue.
Le Doré-Mi, c'est en fait une variation du fromage haloumi (ou haloom), originaire du Moyen-Orient. Lorsque je l'ai acheté à l'épicerie, il était à côté d'un autre haloumi, celui-là produit par la Fromagerie polyethnique de Saint-Robert au Québec. Et tout près de là, il y avait un nabulsi, parsemé de graines de nigelle (ou bénédique). J'en salive juste à y penser.
Sur le site de la Fromagerie polyethnique, on trouve des recettes à faire avec les fromages orientaux qu'elle propose. Tout a l'air si bon!
Lorsque j'ai goûté au Doré-Mi pour la première fois, c'était lors d'une foire agroalimentaire à Québec, à la fin des années 90. Le fromage était alors produit par la fromagerie Cayer de Saint-Raymond-de-Portneuf, qui a changé de nom et d'image en 2005 pour devenir la Maison Alexis de Portneuf. Ce fromage a la propriété de ne pas d'étendre lorsqu'on le chauffe. Il garde sa forme. On peut dont le faire dorer à la poêle ou au barbecue.
Le Doré-Mi, c'est en fait une variation du fromage haloumi (ou haloom), originaire du Moyen-Orient. Lorsque je l'ai acheté à l'épicerie, il était à côté d'un autre haloumi, celui-là produit par la Fromagerie polyethnique de Saint-Robert au Québec. Et tout près de là, il y avait un nabulsi, parsemé de graines de nigelle (ou bénédique). J'en salive juste à y penser.
Sur le site de la Fromagerie polyethnique, on trouve des recettes à faire avec les fromages orientaux qu'elle propose. Tout a l'air si bon!
14 mai 2007
Lectures sur des femmes remarquables
J'ai récemment fait la lecture de deux romans dont le genre n'est pas celui vers lequel je suis habituellement attirée. Pourtant, ce sont des livres que j'avais eus en cadeau à Noël... à ma demande! C'est qu'on y raconte l'histoire de femmes remarquables, dont je n'avais jamais entendu parler. Deux heureuses découvertes! Vivement les tomes 2...
1re découverte: Docteure Irma Levasseur, de Pauline Gill
Saviez-vous, qu'au Québec, au début des années 1900, les enfants de moins de 5 ans n'étaient pas admis dans les hôpitaux (francophones, du moins) ? Il manquait alors de ressources et ce sont les enfants qu'on ne soignait pas. Le roman de Pauline Gill ne manque pas de souligner que cette façon de faire, si elle avait perduré, aurait difficilement permis à la nation canadienne-française de survivre...
Le roman est donc l'histoire enlevante d'une jeune femme de Québec qui, au tournant du dernier siècle, décide de devenir médecin spécialiste des enfants, malgré le fait que la plupart des universités québécoises d'alors refusent leurs portes aux femmes (ou font bonne figure en les acceptant dans les salles de cours, mais ne leur donnent pas accès aux stages, pourtant essentiels à la formation en médecine). Irma ira donc étudier aux États-Unis.
Ce livre est d'autant plus pertinent qu'il nous fait découvrir qu'Irma Levasseur est en quelque sorte la « vraie » instigatrice de l'Hôpital Sainte-Justine, à Montréal, plutôt que Justine Gaspé-Beaubien, à qui on attribue habituellement le titre de « fondatrice ». Un livre vient d'ailleurs de paraître chez Boréal au sujet de la fondation de cet hôpital dont on célèbre le centenaire cette année.
2e découverte: Les accoucheuses - La fierté, de Anne-Marie Sicotte
Ici, on entre de plein pied dans le monde des sage-femmes au Québec des années 1840-1850, en particulier dans le monde d'une sage-femme qui décide de former sa fille de 16 ans au métier. C'est l'époque où la mode des corsets faisait rage dans la bourgeoisie montréalaise: quel beau moyen pour cacher une grossesse honteuse... mais quels ravages sur les futures mamans et leur bébé!
Le livre contient une foule de détails passionnants sur les prouesses des sage-femmes de l'époque (pourquoi utiliser les forceps quand on peut faire la même chose avec des mains agiles ?), les distinctions marquantes entre les différentes classes d'habitants dans le Montréal de cette éqopque (alors la capitale du Bas-Canada), l'arrivée massive des Irlandais, l'arrogance de la médecine de l'époque face aux techniques des sage-femmes, les accrochages entre les francophones et les anglophones, etc.
Ça se lit très vite, car c'est bien écrit et que c'est toujours intéressant. Voici le lien vers une entrevue de Christiane Charette avec l'auteure et une accompagnante (une femme qui n'est pas une sage-femme mais qui assiste les femmes et leur conjoint lors de l'accouchement). Captivant!
Ces deux livres m'ont fait davatange me rendre compte à quel point les femmes ont dû se battre pour avoir accès à l'instruction, pour pouvoir choisir ce qu'elles veulent faire dans la vie. La question est aujourd'hui pas mal réglée ici, mais il reste tant de chemin à faire à tant d'endroits sur cette planète...
1re découverte: Docteure Irma Levasseur, de Pauline Gill
Saviez-vous, qu'au Québec, au début des années 1900, les enfants de moins de 5 ans n'étaient pas admis dans les hôpitaux (francophones, du moins) ? Il manquait alors de ressources et ce sont les enfants qu'on ne soignait pas. Le roman de Pauline Gill ne manque pas de souligner que cette façon de faire, si elle avait perduré, aurait difficilement permis à la nation canadienne-française de survivre...
Le roman est donc l'histoire enlevante d'une jeune femme de Québec qui, au tournant du dernier siècle, décide de devenir médecin spécialiste des enfants, malgré le fait que la plupart des universités québécoises d'alors refusent leurs portes aux femmes (ou font bonne figure en les acceptant dans les salles de cours, mais ne leur donnent pas accès aux stages, pourtant essentiels à la formation en médecine). Irma ira donc étudier aux États-Unis.
Ce livre est d'autant plus pertinent qu'il nous fait découvrir qu'Irma Levasseur est en quelque sorte la « vraie » instigatrice de l'Hôpital Sainte-Justine, à Montréal, plutôt que Justine Gaspé-Beaubien, à qui on attribue habituellement le titre de « fondatrice ». Un livre vient d'ailleurs de paraître chez Boréal au sujet de la fondation de cet hôpital dont on célèbre le centenaire cette année.
2e découverte: Les accoucheuses - La fierté, de Anne-Marie Sicotte
Ici, on entre de plein pied dans le monde des sage-femmes au Québec des années 1840-1850, en particulier dans le monde d'une sage-femme qui décide de former sa fille de 16 ans au métier. C'est l'époque où la mode des corsets faisait rage dans la bourgeoisie montréalaise: quel beau moyen pour cacher une grossesse honteuse... mais quels ravages sur les futures mamans et leur bébé!
Le livre contient une foule de détails passionnants sur les prouesses des sage-femmes de l'époque (pourquoi utiliser les forceps quand on peut faire la même chose avec des mains agiles ?), les distinctions marquantes entre les différentes classes d'habitants dans le Montréal de cette éqopque (alors la capitale du Bas-Canada), l'arrivée massive des Irlandais, l'arrogance de la médecine de l'époque face aux techniques des sage-femmes, les accrochages entre les francophones et les anglophones, etc.
Ça se lit très vite, car c'est bien écrit et que c'est toujours intéressant. Voici le lien vers une entrevue de Christiane Charette avec l'auteure et une accompagnante (une femme qui n'est pas une sage-femme mais qui assiste les femmes et leur conjoint lors de l'accouchement). Captivant!
Ces deux livres m'ont fait davatange me rendre compte à quel point les femmes ont dû se battre pour avoir accès à l'instruction, pour pouvoir choisir ce qu'elles veulent faire dans la vie. La question est aujourd'hui pas mal réglée ici, mais il reste tant de chemin à faire à tant d'endroits sur cette planète...
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